Plaine des Maures - Page information

Qu'est ce qu'une réserve naturelle nationale ?

Le classement d'une zone en réserve naturelle nationale (RNN) intervient pour assurer la conservation d'éléments d'un milieu naturel d'intérêt national et/ou la mise en œuvre d'une réglementation communautaire ou d'une obligation résultant d'une convention internationale. Les réserves naturelles sont des outils réglementaires qui concernent tout ou partie du territoire d'une ou plusieurs
communes dont la conservation de la faune, de la flore, du sol, des eaux, des gisements de minéraux ou de fossiles et, en général, du milieu naturel, présente une importance particulière, ou qu'il convient de soustraire à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader (Art. L. 332-1 à L. 332-27, code de l’Environnement). 

Les RNN sont des outils réglementaires de plus en plus utilisés en complément d’autres mesures de protection du patrimoine naturel. Elles constituent des mesures de protection forte de l'environnement car une réglementation directe et spécifique encadre les usages, fixe des interdictions et un régime d'autorisation (des agents commissionnés exercent des missions de police de l'environnement et veillent au respect de cette réglementation) et la durée de sa protection est illimitée. 

Les réserves naturelles nationales sont classées par un décret ministériel ou par un décret en Conseil d'État.

L'initiative de la création d'une réserve peut être le fait de l'administration ou d'associations de protection de la nature. Le préfet instruit le dossier, le soumet à enquête publique et après avis du Conseil national de la protection de la nature. La décision de création est prise par décret simple en cas d’accord de tous les propriétaires ou par décret en conseil des ministres si les propriétaires concernés ont manifesté leur opposition.

Ce décret précise les limites de la réserve naturelle, les actions et activités, travaux, constructions, installations et modes d’occupation du sol qui sont réglementés ou interdits, ainsi que les conditions générales de gestion de la réserve. Ce décret instaure également un gestionnaire, un comité consultatif et éventuellement un comité scientifique.

Pour aller plus loin : 

Le site de RNF

 

 

 

Instances de gouvernance de la RNNPM

La gestion de la RNNPM repose sur un triptyque : comité consultatif, conseil scientifique et gestionnaire. 

Le comité consultatif, présidé par le Préfet ou son représentant, est constitué de représentants de l'État, d'associations, de propriétaires, d'usagers, d'élus et de personnalités scientifiques. Il donne notamment son avis sur le fonctionnement de la RNNPM, sur sa gestion et sur les conditions d'application des mesures prévues par son décret de création. Il peut faire procéder à des études scientifiques et recueillir tout avis en vue d’assurer la conservation, la protection et l’amélioration du milieu naturel de la réserve. Il est créé par arrêté préfectoral.

Le conseil scientifique assiste le gestionnaire et le comité consultatif sur toute question à caractère scientifique touchant la RNNPM. Son avis est prépondérant dans les procédures d'autorisation prévues par le décret de la réserve. Conformément au code de l'Environnement (article R 332-18), il est créé par arrêté préfectoral. Il est composé de personnalités scientifiques. Ses membres sont nommés pour une durée de cinq ans et leur mandat peut être renouvelé. Ils doivent élire un président. Le conseil scientifique doit se réunir en séance plénière au moins une fois par an et en formations restreintes thématiques si besoin. Il est consulté pour avis sur le plan de gestion et peut être sollicité sur toute question à caractère scientifique et technique susceptible de concerner le territoire de la réserve et ses abords. 

Pour aller plus loin, téléchargez l'AP du 5 février 2019 portant renouvellement des membres du CS de la RNNPM

Le gestionnaire est lié par une convention à l’État. Il doit assurer la conservation et, le cas échéant, la restauration du patrimoine naturel de la RNNPM, notamment par l'élaboration d'un plan de gestion qui fixe les actions à mettre en œuvre en fonction d'objectifs à court et moyen terme et qui est régulièrement évalué. Il veille également au respect des dispositions de la décision de classement en faisant appel à des agents commissionnés. Ces derniers exercent leurs missions de police de l'environnement sous l'autorité du Préfet (police administrative) et du procureur de la République (police judiciaire). 

Le Département du Var a créé un service spécifique pour gérer la RNNPM, composé actuellement de 14 agents départementaux. Celui-ci peut par ailleurs s'appuyer sur les compétences pluridisciplinaires présentes au sein de la collectivité. 

Pour aller plus loin, téléchargez les conventions de gestion avec l’État

 

 

 

Partenaires de la RNNPM

Un grand nombre d'acteurs publics et privés participent à la vie de la RNNPM et œuvrent à la préservation de cet espace unique au monde, notamment :

  • la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) Paca 

C'est le service déconcentré de l’État qui assure la coordination entre le gestionnaire et l’État, le financement en fonctionnement et en investissement de la réserve, la supervision des décisions de gestion de la réserve conformément à la décision de classement, l'instruction des demandes d'autorisation et de déclaration préfectorale préalable (police administrative), la rédaction des arrêtés préfectoraux relatifs à la RNNPM et l'appui technique au gestionnaire, notamment d'un point de vue juridique. 

Pour aller plus loin : site de la DREAL PACA


 

  • la Réserve naturelle de France (RNF) 

C’est une association loi 1901 qui fédère en un réseau national près de 350 réserves naturelles. Elle est l'ambassadrice des réserves naturelles et anime un réseau d'échanges d’expériences et de mise en œuvre de projets communs. Elle assure un relais des problématiques des réserves auprès du ministère de la Transition écologique et déploie auprès de toutes les réserves un nombre varié d'outils pour harmoniser et professionnaliser la gestion de ces espaces protégés.  

Pour aller plus loin :  Site de RNF

 

  • L'Office national des forêts (ONF) 

C’est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé de la gestion des forêts publiques, placé sous la tutelle du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation ainsi que du ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans le cadre de sa mission légale de service public de mise en œuvre du régime forestier dans les bois et forêts de l’État et autres collectivités, l'ONF est tenu d'assurer une surveillance de ces bois et forêts, certains de ses personnels étant à cette fin détenteurs du pouvoir de police judiciaire. 

Avec la RNNPM :

- une convention de surveillance a été établie depuis 2012 afin de compléter le dispositif de contrôle sur ce périmètre protégé et de compléter la formation continue des agents assermentés de la RNNPM.

- des actions concertées, dans le respect des réglementations en vigueur, sont menées dans le cadre de la gestion des forêts soumises au régime forestier dans le périmètre de la RNNPM.

Pour aller plus loin :  Site de l'ONF

 

  • La gendarmerie nationale

La gendarmerie nationale est un partenaire essentiel de la RNNPM, facilement reconnaissable auprès des usagers et qui permet aux agents assermentés de la RNNPM d'entretenir une relation solide avec les officiers de police judiciaire, sollicités dans le cadre des procédures judiciaires nécessitant leurs compétences. Elle assure par ailleurs des patrouilles de surveillance et vient en appui des agents assermentés de la RNNPM en cas de besoin. Elle participe également à certaines enquêtes judiciaires impactant la RNNPM.

 

  • L’Office français de la biodiversité (OFB)

Cet établissement public, dédié à la sauvegarde de la biodiversité, a pour priorité de répondre de manière urgente aux enjeux de préservation du vivant. Créé le 1er janvier 2020, il regroupe les agents de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. 

Au niveau de la RNNPM, l'OFB assure le commissionnement et les formations complémentaires en matière de police des agents de la RNNPM, apporte un appui technique sur ses domaines de compétences, assure des missions de police de l'environnement. 

Pour aller plus loin :  Site de l'OFB

 

  • La Direction départementale du territoire et de la mer (DDTM)

Sur le périmètre de la RNNPM, ce service déconcentré de l'Etat coordonne les maîtres d'ouvrages et la surveillance liés à la thématique DFCI, peut être amené à intervenir en police judiciaire et/ou en police administrative sur des infractions spécifiques au titre de la loi sur l'Eau, mais également en matière d'urbanisme, d'agriculture, de défrichement et apporte un appui technique à la RNNPM sur ses domaines de compétences. 

 

  • La Fédération départementale de pêche 

La pêche étant autorisée sur le périmètre de la RNNPM, des relations partenariales entre la RNNPM et la Fédération ont été établies et des actions communes sont menées. 

Pour aller plus loin :  Site de la Fédération de pêche

 

  • Le Conservatoire du littoral

Cet établissement public administratif national créé en 1975, membre de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), n'a pas d'équivalent dans d'autres pays. Il a vocation à acquérir des terrains fragiles ou menacés sur le littoral français afin de les soustraire à l'urbanisation. Il peut également acquérir des terrains situés sur le domaine public maritime ou fluvial, les estuaires et les grands lacs intérieurs. Il confie ensuite ces terrains aux communes, à d'autres collectivités locales ou à des associations qui en assurent la gestion dans le respect des orientations arrêtées. Acteur important de l'histoire de la création de la RNNPM, il a acquis un peu plus de 900 ha autour du lac des Escarcets dans les années 90.  Depuis 2009, le site, situé en plein cœur de la RNNPM, bénéficie de la réglementation et du plan de gestion de la RNNPM. Depuis 2017, une convention de gestion lie formellement le Département du Var, gestionnaire de la RNNPM, au Conservatoire du littoral. De nombreuses actions partenariales sont menées. 

Pour aller plus loin :  Site du Conservatoire du Littoral

 

  • Le Conservatoire des espaces naturels (CEN) Paca 

Cette association à but non lucratif, reconnue d’intérêt général, a pour mission la préservation du patrimoine naturel de la région Paca à travers l’acquisition et la gestion de terrains naturels, la réalisation d'études scientifiques et l'information et la sensibilisation du public et des décideurs. Sur le périmètre de la RNNPM, le CEN Paca possède 2 sites : Cinq Sèdes et Preires. Bénéficiant de facto de la réglementation et du plan de gestion de la RNNPM, la gestion de ces sites est donc concertée.

Pour aller plus loin :  Site du CEN PACA

 

  • Le Conservatoire Méditerranéen Partagé (CMP)

Cette association regroupe un réseau d’acteurs publics et privés spécialistes de la conservation, de l’utilisation et de la valorisation de la biodiversité cultivée de Méditerranée. Son champ d’action concerne l’agriculture et l’ensemble des patrimoines, tant génétiques qu’humains, qui l'accompagnent. L’association poursuit un double objectif : conserver la diversité biologique, notamment les espèces végétales locales, rares, anciennes et de terroir, ainsi que collecter les bonnes pratiques agricoles et savoir-faire régionaux méditerranéens, pour les transmettre. Sur la RNNPM, le CMP apporte son expertise à l'occasion de projets de conversation ou de remise en culture de parcelles agricoles en plantations d'arbres fruitiers locaux, adaptés aux conditions spécifiques de la plaine des Maures, et dans le cadre des autorisations préfectorales accordées. Pour le CMP, l'un des objectifs est de dupliquer sur le continent les vergers de types conservatoire originellement situés à Porquerolles  (afin de préserver la biodiversité agricole) et pour la RNNPM, l'un des objectifs est de diversifier la nature des cultures présentes et de favoriser les espèces pollinisatrices. 

Pour aller plus loin :  Site du CMP

 

  • Le Centre de recherche et de conservation des chéloniens (CRCC) de la Station d’observation et de protection des tortues et de leurs milieux (Soptom)

Créée en 1986, la Soptom est une association loi 1901 qui a pour but l'étude et la protection des tortues et de leurs milieux en France et dans le monde. Elle dispose d'un Centre de recherche et de conservation des chéloniens (CRCC) qui a pour objectif l’amélioration des connaissances dans le but de faciliter la conservation des tortues et des reptiles, et développe différents programmes d'études et pédagogiques.

Avec la RNNPM, la Soptom intervient dans la réalisation de certaines actions inscrites au plan de gestion, comme l'analyse écotoxicologique des reptiles retrouvés morts ou la lutte contre la tortue de Floride, une espèce exotique envahissante qui entre en concurrence avec la tortue cistude qui, elle, est protégée. 

Pour aller plus loin :  Site du Soptom

 

 

 

Fonctionnalités écologiques

Les fonctionnalités écologiques sont tous les processus biologiques qui assurent le bon fonctionnement et le maintien des écosystèmes et qui, directement ou en cascade, garantissent la survie de l'homme. Ces processus sont étroitement imbriqués les uns les autres avec des liens d'interdépendance parfois très importants. D'où la nécessité impérieuse de bien comprendre et de protéger l'ensemble des fonctionnalités écologiques si l'on souhaite préserver les richesses et les ressources offertes par la nature. 

Dans la RNNPM, on peut regrouper les fonctionnalités écologiques en 4 grandes catégories :

  • Les fonctions de régulation

Ce sont les processus écologiques de base, les systèmes de soutien de la vie. C'est de là qu'est tirée la notion de “services écosystémiques” regroupant tous les avantages socio-économiques directs et indirects que les écosystèmes procurent gratuitement aux populations humaines. Par exemple : la photosynthèse des végétaux permet la régulation des gaz, les plantes aquatiques permettent une filtration de l’eau, les arbres de bord de rivières réduisent l'intensité des crues, des insectes permettent la pollinisation des cultures tandis que d'autres assurent le recyclage biologique des déchets organiques....

  • Les fonctions d'habitats

C'est la notion de “biotopes”. L'extraordinaire biodiversité de la RNNPM est due à la grande variété et aux contrastes marqués entre les habitats naturels qui la composent : des milieux ouverts (dalles rocheuses, pelouses sèches, prairies humides, garrigues, landes) aux milieux forestiers (chênes-lièges, pinèdes, ripisylves en bordure de cours d'eau, peuplement de peupliers trembles) en passant par les milieux buissonnants (maquis), sans oublier les milieux humides permanents (lacs, rivières) mais aussi temporaires (mares, ruisselets temporaires).

Chacun de ces habitats naturels, imbriqués les uns aux autres, abrite des espèces animales et végétales parfois très spécifiques passant de l'un à l'autre en fonction des saisons et de leurs besoins (refuge, nourriture, reproduction, repos diurne ou nocturne....). Ainsi, si l'on veut protéger les espèces, c'est l'ensemble de la mosaïque de leurs biotopes qu'il faut préserver.

  • Les fonctions de production

Ce sont toutes les ressources naturelles que l'homme utilise. Ainsi le bois sert de matériau de construction ou de ressource d'énergie, le liège du chêne est levé pour confectionner des bouchons ou servir d'isolant, les plantes constituent un vaste réservoir pour élaborer des médicaments, des parfums... ou de bons petits plats !

  • Les fonctions d'information 

C'est la faculté de la nature à nous offrir des opportunités de développement cognitif. La peinture, la littérature, la poésie, la musique mais aussi les avancées scientifiques et les biotechnologies. Sans compter le plaisir simple mais ô combien ressourçant d'une simple balade au bord d’un lac ou en forêt.

 

La complémentarité des fonctionnalités écologiques entre la plaine et le massif des Maures

La partie sud de la RNNPM constitue le piémont du massif des Maures qui remonte sur les ubacs, versants orientés au nord. L’importance écologique de cette interface est fondamentale à plusieurs titres : l'humidité du massif réduit l'impact de la sécheresse de la plaine pour de nombreuses espèces ; certaines espèces comme les chauves-souris ou les rapaces forestiers se déplacent d'une zone à l'autre en fonction de leurs besoins en se servant des “coulées boisées”, des vallons descendants du massif pour pénétrer au cœur de la plaine ; le brassage génétique des populations est amélioré.

C'est ce que l'on appelle un corridor écologique (notion de trame verte et bleue). Il est important que ces corridors ne soient pas éclairés pour constituer, en plus, une trame dite “noire” où les espèces fuyant la lumière se déplacent.

 

 

 

Faune

La RNNPM est particulièrement réputée pour préserver l'un des derniers noyaux de population viable de la tortue d'Hermann. Mais celle-ci n'est en fait que le porte-drapeau d'une délégation d'espèces protégées qui recouvre presque tout le règne animal, des reptiles aux mammifères, en passant par les oiseaux, les insectes, les batraciens, les poissons : 183 espèces sont protégées par la loi, voire des traités internationaux, comme la convention de Berne. 

Si ces espèces sont protégées, c'est parce qu'elles sont menacées, voire proche de l'extinction. La RNNPM, et la France à travers elle, ont la responsabilité de mettre en œuvre des actions afin de préserver durablement les individus de ces espèces, mais également leurs milieux de vie.

Parmi l'ensemble des espèces animales recensées, le plan de gestion de la RNNPM a identifié celles pour lesquelles mettre en œuvre des actions directes spécifiques pour leur importance dans l'écosystème. Ce sont les groupes taxonomiques ou les espèces à enjeux majeur ou très fort pour la RNNPM. 

  • La tortue d’Hermann (Testudo hermanni hermanni) 

La tortue d’Hermann est la seule tortue terrestre autochtone présente en France. Elle est actuellement l’un des reptiles les plus menacés à l’échelle européenne et mondiale. En France, l’espèce a disparu du massif des Albères dans les Pyrénées-Orientales dans les années 1960. Elle ne subsiste plus qu’en Corse, en effectifs réduits, et dans le Var, principalement dans la plaine des Maures. La plaine des Maures est le creuset du noyau populationnel le plus important sur une superficie d’environ 14 000 hectares dont 5 276 en Réserve naturelle nationale et 397 en arrêté de protection de biotope. Les densités relevées dans les populations varoises sont généralement inférieures à 2 individus/hectare mais elles peuvent dans certains cas atteindre des densités supérieures à 5, voire 10 individus/hectare dans certains secteurs de la RNNPM. La tortue d’Hermann est l’espèce phare de la RNNPM qui abrite l’essentiel de la population de France continentale.

  • Les invertébrés saproxyliques 

L'ensemble de la diversité des arthropodes saproxyliques (qui consomment du bois mort) constitue un maillon essentiel dans les équilibres écologiques de dégradation du bois mort et du retour au sol de la matière organique. Les différentes ressources alimentaires associées aux niches écologiques proposées par les nombreux micro-habitats qu'offrent les forêts agées (faune du sol, faune saproxylique, insectes aériens des canopées, champignons...) sont indispensables à une grande partie de la faune protégée de la plaine des Maures (oiseaux, chiroptères, amphibiens, reptiles…). Sur le territoire de la RNNPM, plusieurs espèces de coléoptères et de diptères saproxyliques rares et patrimoniaux ainsi que leurs parasitoïdes (souvent des hyménoptères) ont été inventoriés notamment dans les vieux chênes lièges et les gros arbres des ripisylves. 

Concernant les coléoptères saproxyliques, ce sont plus particulièrement les rares coléoptères saproxylophages du chêne-liège que les scientifiques souhaitent conserver en plaine des Maures. La liste d'espèces de coléoptères vivant dans les vieux bois traduit bien le grand nombre de micro-habitats imbriqués en mosaïques (fleurs, tiges, souches, racines, etc.)  et utilisables par bon nombre des insectes saproxyliques aux différents stades de maturité (de la larve à l'adulte).

Pour les diptères saproxyliques, la très forte richesse potentielle de la RNNPM pour ses groupements ont conduit à engager des inventaires notamment par piégeage avec des tentes appelées "pièges malaises". 

  • Les oiseaux macro-insectivores

Ces oiseaux plutôt d'affinité africaine affectionnent les biotopes ouverts de la RNNPM en mosaïque avec le maquis car ils y trouvent une ressource importante en gros insectes (carabes, bousiers, sauterelles, criquets, cigales…). Parmi ces oiseaux macro-insectivores, trois espèces de pie-grièches sont présentes dans la RNNPM. Une est sédentaire (la pie grièche méridionale) et les deux autres (pie-grièche à tête rousse et pie-grièche écorcheur) sont migratrices et ne sont présentes sur le site qu’à leur retour d'Afrique trans-saharienne à partir de la fin avril ou début mai et jusqu’en août-septembre.

  • Les chiroptères forestiers 

De nombreuses chauves-souris ont été recensées dans la réserve naturelle natinale de la plaine des Maures. La conservation des vieux arbres et de la fonctionnalité des écosystèmes participent à leur protection d'une dizaine de chiroptères dont certaines espèces emblématiques. Parmi elles, le murin de Beichstein (Myotis bechsteini) est une espèce de chauves-souris très représentative de bonne qualité des milieux forestiers matures. Ce murin est assez rare et localisé en Méditerranée. Depuis 2014, la RNNPM a apporté plusieurs preuves de reproduction (captures de femelles allaitantes) dans divers secteurs de la RNNPM. Les études et suivis menés sur cette espèce ont permis de localiser 5 gîtes de reproduction ou d'élevage des jeunes dont 4 sont situés dans la réserve et 2 en périphérie immédiate. La Barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus) est une espèce de chauve-souris forestière qui est dotée d’un pelage long et gris cendré. Cette espèce semblait peu présente en Méditerranée mais les découvertes récentes (depuis 2018) d'individus dans le Var semblent indiquer une nouvelle colonisation de milieux méditerranéens (ripisylves et boisements de feuillus). Il a même été découvert 4 gîtes arboricoles de Barbastelle d'Europe derrière des écorces décollées d'ormes-champêtres morts. Sur 1 de ces 4 gîtes en ripisylve de l'Aille, la RNNPM a prouvé la reproduction de la barbastelle avec la capture de 6 jeunes de l'année à l'envol. Le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), pour lequel la RNNPM constitue un territoire de chasse favorable à l’espèce et les principaux contacts se situent sur le piémont du massif des Maures.

Le petit Murin (M. blythii), dont une très belle colonie de reproduction est connue à environ 5 km au nord de la RNNPM (Grotte d’Entraigue) et une petite dizaine d’individus fréquentent régulièrement les anfractuosités de l’ancien pont de la Haute Verrerie sur le Riautort. 

  • La pédofaune (l'ensemble des invertébrés du sol)

Cette pédofaune, encore trop peu étudiée, est conditionnée par les facteurs environnementaux qui peuvent être extrêmes (températures, sécheresse, acidité de l’humus…). Néanmoins, diverses espèces endémiques provençales de coléoptères du sol ont été découvertes dans les sols frais des vallons qui descendent des Maures notamment sur les secteurs en RNNPM.

  • L'agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) 

Cette petite libellule zygoptère gracile à abdomen fin et cylindrique est présente sur la RNNPM aux abords de la rivière intermittente des Neufs Riaux au niveau du lieu-dit du Pont romain. Les prairies, les friches ou les zones de végétation qui borde les ruisseaux ou fossés ont une grande importance pour l’espèce car l’agrion de Mercure se déplace surtout dans la végétation ensoleillée et au ras de l’eau. La ponte est déposée dans les parties immergées des plantes. 

  • Le barbeau méridional (Barbus meridionalis) 

Cette espèce de poisson du pourtour méditerranéen qui préfère les eaux fraîches et bien oxygénées et malgré tout bien adapté à la fois aux rudes conditions de la période estivale et aux crues saisonnières violentes. Il est présent dans l’Aille et le Riautord mais peut également remonter les affluents tels que le Mourrefrey, le Rascas ou les Neufs Riaux quand il y a assez d’eau. 

  • L'anguille (Anguilla anguilla) 

Cette espèce de poisson n’est pas classée comme d’intérêt communautaire mais elle présente un enjeu réel de conservation au niveau mondial. Le fleuve Argens ainsi que ses affluents dans la RNNPM représentent un intérêt majeur à l’échelle du bassin méditerranéen et Corse pour la préservation des géniteurs et du fait de leurs faibles aménagements en obstacles transversaux. Pour l’anguille, l’Aille qui traverse la RNNPM est ainsi plus qu’une zone de corridor ou de stationnement ; c’est une zone où le poisson peut passer l’essentiel de sa vie (10 à 20 ans). 

  • La grenouille agile (Rana dalmatina) 


Cette grenouille dénote des autres espèces d’anoures d’affinité méditerranéenne de la RNNPM car elle est très forestière et n'est liée à l'eau que pour la reproduction. Sa population dans le Var (Massif des Maures et dépression permienne) est très localisée et forme un isolat déconnecté de plus d’une centaine de kilomètres des autres populations françaises les plus méridionales. 

 

 

 

  • La cistude d’Europe (Emys orbicularis) 

Cette espèce de tortue est considérée comme vulnérable, c’est-à-dire en forte régression du fait de facteurs extérieurs défavorables. Espèce aquatique mais dépendante de milieux secs lors de la ponte, elle souffre de la dégradation des milieux humides. La cistude d’Europe occupe tous les habitats aquatiques de la RNNPM, des ruisselets temporaires aux mares, rivières et grandes pièces d’eau permanentes. Les nombreuses retenues DFCI ont largement bénéficié à cette tortue aquatique.

  • Le lézard ocellé (Timon lepidus) 

Ce reptile menacé à l’échelle nationale et européenne fait l'objet d'un Plan national d'action. D’affinité méditerranéenne, le lézard ocellé se cantonne en France principalement sur le littoral Atlantique, dans les causses du Lot et sur le pourtour méditerranéen. La RNNPM abrite une vaste métapopulation de lézards ocellés avec des populations locales plus ou moins connectées. On peut observer une très belle population de ce reptile sur les grandes dalles rocheuses de la commune de La Garde-Freinet vers le lieu-dit du Pont romain où une densité exceptionnelle a été observée (jusqu’à un individu tous les 50 mètres environ). 

  • Le blongios nain (Ixobrychus minutus) 

Ce petit héron migrateur se trouve en France à partir du début du printemps dans les zones d’eau douces de basses altitudes. Dans la RNNPM, il utilise les bords de lacs et plans d’eau ainsi que les bords de talwegs et ruisselets qui sont bordés de roselières, de saules ou de buissons moyennement hauts pour se reproduire en couples isolés. Il est classé en danger car ses effectifs sont en net déclin en France. Dans la RNNPM, la principale menace vient du dérangement causé par les promeneurs ou les pêcheurs qui veulent s’approcher au plus près des lisières et franges des roselières et par les chiens, notamment durant son cycle de reproduction.

  • La Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus) 

Inféodé aux roselières de gros diamètres inondées, ce passereau paludicole migrateur trans-saharien arrive à la mi-avril dans la RNNPM sur les bords du lac des Escarcets et parfois dans les roselières de la retenue des Aurèdes. Cette rousserolle repartira dès la fin juillet après s’être reproduite. Cet oiseau est classé en déclin au niveau national et ses effectifs varois sont réduits à quelques sites. La roselière du lac des Escarcets accueille quelques couples de rousserolle turdoïde dont les mâles chantent à plein gosier tout le printemps. 

Pour aller plus loin, téléchargez : 

La liste des espèces animales protégées de la RNNPM 

La liste des espèces faunes-flores inventoriées au 1er plan de gestion

 

 

 

Flore

La RNNPM protège une mosaïque d'habitats unique en France métropolitaine. Cette diversité est due à un réseau hydrologique de mares et ruisseaux temporaires méditerranéens et à une nature de sol tantôt xérophile (sèche et peu profonde), tantôt mésophile (humide et profonde). Cette variété de milieux naturels abrite ainsi pas moins 90 plantes vasculaires recensées comme d'intérêt patrimonial. Parmi elles, 58 sont protégées ! 

Bien que toutes les plantes protégées soient considérées à enjeux, le plan de gestion de la RNNPM a identifié celles pour lesquelles mettre en œuvre des actions directes spécifiques pour leur importance dans l'écosystème : ce sont les espèces à enjeux majeur ou très fort pour la RNNPM. 

 

  • La vesce plaisante (Vicia laeta) 

C'est une plante légumineuse volubile, pubescente, à tiges grêles, anguleuses, de 20 à 50 cm de longueur. Ses feuilles sont terminées par une vrille rameuse ayant 3 à 6 paires de folioles tronquées au sommet. Elle se trouve exclusivement dans les châtaigneraies-chênaies entretenues de façon traditionnelle sur sols profonds. Les seules populations de France sont connues en Corse et dans le Var, uniquement aux Mayons et au Cannet-des-Maures. Une seule station est présente dans la RNNPM. Sa floraison a lieu entre avril et mai. 

  • La nivéole élégante (Leucojum pulchellum) 

C'est une plante bulbeuse vivace de 30-50 cm, avec de 1 à 4 petites fleurs à divisions étroites, elliptiques, blanches nettement tachées de vert au sommet. En France c’est une plante rare, qu’on ne rencontre que çà et là dans quelques stations isolées, notamment en Bretagne où elle est probablement spontanée. Dans la RNNPM, les rares stations connues se situent en ripisylve de l'Aille vers la basse Verrerie ou sur des talus du Riautor. Sa floraison a lieu entre avril et juin. 

  • La silène corse (Eudianthe laeta) 

C’est une annuelle gracile, glabre, à racine pivotante, d’une hauteur de 10 à 60 cm. Ses fleurs sont rose clair, de 6 à 10 mm de diamètre et longuement pédiculées. Sa capsule est globuleuse et comporte 10 dents. Elle est présente en Afrique du Nord, Espagne, Italie et rarement en France (Gironde, Corse et Var). Elle n’a été inventoriée qu’une seule fois sur la RNNPM sur la commune de Vidauban près de l'ancienne scierie de l’Aille. Sa floraison a lieu entre avril et juin. 

  • L’isoète voilé (Isoetes velata) 

C’est une fougère à bulbes archaïques, vivace, amphibie voire aquatique des mares et ruisselets temporaires méditerranéens. Elle est reconnaissable à ses longues et fines feuilles vert clair (8-20 cm) disposées en touffe et dressées. En France, Isoetes velata se retrouve sur le littoral méditerranéen et la Corse. Bien connue dans certaines mares cupulaires du Var, l’espèce à été récemment découverte dans la plaine des Maures, où elle reste rare (moins de 10 stations actuellement connues dans la RNNPM). Sa floraison a lieu entre avril et juillet. 

  • Le maceron perfolié (Smyrnium perfoliatum) 

Cette apiacée (ombellifère) se reconnaît facilement à ses feuilles supérieures en cœur embrassant largement la tige. L’inflorescence est d’un jaune d’or assez caractéristique. Sur la RNNPM, la plus belle station de Smyrnium perfoliatum se trouve en ripisylve du Mourrefrey sur la commune du Cannet-des-Maures. La RNNPM y pratique une gestion conservatoire. Une mise en défens des stations permet une protection contre le pâturage bovin et une fauche tous les 2 ans permet les germinations en limitant l’extension des ronces. Sa floraison a lieu entre mars et mai.

  • L'isoète de Durieu (Isoëtes duriei) 

C’est une fougère archaïque naine, reconnaissable à son bulbe entouré d’écailles noirâtres. Les feuilles vert foncé sont filiformes et tubulaires, étalées au sol en hélice. Cette espèce se rencontre sur tout le pourtour méditerranéen. En France, elle est notamment fréquente sur la ceinture permienne, où se situe la RNNPM. Elle se développe sur terrain siliceux, sur les pelouses sableuses humides des bords de mares et ruisseaux temporaires dont elle est l'espèce indicatrice. 

  • La renoncule de revelière (Ranunculus revelieri subsp.rodiei) 

Appelée également renoncule de Rodié, cette petite renoncule amphibie est endémique du Var. Elle est assez proche de la renoncule à feuilles d’Ophioglosse, dont elle se différencie par ses feuilles basales ovales jamais en cœur et par la taille de ses pétales jaunes qui sont plus petits que les sépales. Cette sous-espèce du Var se distingue (très faiblement) du type Corse par ses sépales à poils épars et non densément velus. Les stations mondiales se situent essentiellement dans la RNNPM, où elle est assez commune. Elle s’établit en bordure des mares, dépressions et cuvettes humides plutôt sur les secteurs sud de la réserve sur le piémont des Maures. La responsabilité de la RNNPM dans la conservation de cette renoncule endémique est extrêmement forte. La floraison débute en avril, pour se terminer en juillet.

Pour aller plus loin, téléchargez la liste des espèces faunes-flores inventoriées au 1er plan de gestion 

 

 

 

Habitats

La très grande richesse écologique de la RNNPM est due à la mosaïque de milieux naturels qui la compose. On ne compte pas moins de 30 habitats naturels qui peuvent être regroupés en 13 grands types  d'habitats, composant 5 grandes entités structurelles. 

Les habitats aquatiques

  • Les mares et cours d’eau méditerranéens (permanents, intermittents et temporaires)

La géomorphologie, l'imperméabilité du substrat et le climat méditerranéen présents qui s'expriment sur le territoire de la réserve sont à l'origine d'un réseau de mares et de cours d'eau temporaires ou/et intermittents caractéristique de la plaine des Maures. À ce réseau hydrologique, sont liés plusieurs habitats communautaires dont l’habitat communautaire prioritaire “mares temporaires méditerranéennes” qui se décline ici sous la forme de ruisselets et suintements temporaires. Petits points d'eau d'apparence anodine ou simples cuvettes laissées ici et là par la pluie, les mares temporaires sont en réalité un fantastique creuset de vie. Ces mares et ruisselets ne sont en eau qu'une petite partie de l'année (en général durant l'hiver jusqu'à la fin du printemps) et s'assèchent complètement durant la période estivale. L'eau qui les alimente provient de la pluie ruisselant le long des dalles rocheuses de grès imperméables. Ces mares sont le lieu stratégique où se joue le cycle de la reproduction et la survie de nombreuses espèces.

Les rivières intermittentes méditerranéennes sont des rivières dont l'écoulement est interrompu durant la période estivale, laissant le lit à sec ou avec quelques vasques qui concentrent la biodiversité aquatique en été. Des groupements végétaux méditerranéens poussent sur des limons riverains. Ces rivières intermittentes sont le domaine des poissons méditerranéens comme le blageon ou le barbeau méridional mais ont aussi un rôle très important en période automnale et hivernale pour la circulation des anguilles. Des invertébrés spécifiques et même endémiques y sont présents. Elles ont aussi un rôle de corridor d’alimentation, de vol ou de déplacement pour les espèces mobiles qui suivent les trames du réseau hydrologique et des cordons de végétaux qui l’accompagnent. L'originalité de ces milieux tient à l'alternance entre la phase de mise en eau aux périodes humides et la phase d'assèchement estival. 

  • Les plans d’eau, lacs et étangs

Ces habitats méritent d’être cités pour le rôle qu’ils jouent en tant qu’habitat d’espèces patrimoniales. Les étangs, lacs, et autres plans d’eau permanents abritent en effet une faune diversifiée et protégée.

  • La végétation de ceinture des bords des eaux

Autour des lacs des Escarcets, des Aurèdes et d’autres petits plans d’eau permanents, se développent une ceinture de végétation de roseaux essentiellement constituée de phragmites australes et de massettes à larges feuilles. Ces roselières qui servent de zones de frayères pour les poissons abritent notamment de nombreuses libellules ainsi qu'une avifaune remarquable. Les hirondelles s'y abritent certains soirs pour former de gros dortoirs en fin d'été.

Les pelouses et prairies

  • Les “pelouses d’annuelles” sur sable fin

Ces pelouses sont caractérisées par des communautés pionnières de plantes annuelles de petite taille riches en thérophytes (plantes bulbeuses), fleurissant au printemps (vernales), comme les orchidées sauvages, la tulipe australe ou les iris sauvages. Elles s'observent par petites plages disséminées au sein de différents ensembles de végétation (maquis à bruyère ou à cistes). On les trouve également souvent en contrebas des dalles rocheuses sur les dépôts de sables de grès issus de l'érosion de ces dalles. Ces pelouses sableuses oligotrophes (pauvres en matières organiques) hébergent une flore d'une grande diversité mais qui s'assèche très rapidement en fin de printemps. C'est l'habitat privilégié non seulement de nombreux insectes mais surtout des reptiles comme la tortue d'Hermann.

  • Les steppes et pelouses sèches

Plutôt constituées de plantes vivaces dominées par des graminées adaptées aux conditions de sol et de climat très secs, ces pelouses sèches évoluent très lentement vers le maquis à cistes et vers des fourrés de sclérophylles (formés de plantes dont les feuilles sont recouvertes d'une cuticule épaisse et coriace adaptées à la sécheresse). Ces pelouses steppiques sont composées d'un certain nombre de graminées et de fougères protégées et d'affinité nord-africaine ce qui prouve la rudesse des conditions estivales.

Elles jouent plusieurs rôles essentiels au développement de la biodiversité exceptionnelle de la réserve : elles constituent le biotope de nombreux animaux vivant en plaine des Maures, elles renferment une faune entomologique (insectes) très importante et très variée et constituent ainsi des zones de chasse et d'alimentation pour de nombreux types d'insectivores, certains rapaces viennent y chasser les serpents et les lézards. Elles constituent également des zones de nidification pour les oiseaux inféodés aux milieux ouverts et pour les tortues d'Hermann qui aiment y pondre leurs œufs.

  • Les prairies humides et mégaphorbiaies

Les prairies humides sont constituées en plaine des Maures soit de prairies et mégaphorbiaies naturelles à hautes herbes soit de prairies de fauches plutôt anthropiques sur les sols alluvionnaires hygrophiles des bords de l’Aille et du Riautort. Ces prairies ou groupements herbacés humides sont des habitats relativement rares dans le bassin méditerranéen (surtout sans eaux salées) et sont, à l’échelle nationale, en forte régression. Sur la RNNPM ces prairies sont présentes, de façon ponctuelle, au niveau de dépressions, à proximité directe d’un cours d’eau ou d’une nappe phréatique affleurante. Elles sont localisées sur les parties agricoles en bordure des rivières. Ce milieu ouvert, ne subissant peu ou pas de traitements phytosanitaires, joue un rôle important pour un cortège faunistique composé d’insectes et d’oiseaux. Les tortues d’Hermann fréquentent aussi les lisières de ces prairies pour s’alimenter.

Les formations rocheuses 

  • Les pentes rocheuses siliceuses

Dans la Réserve, cette végétation se retrouve essentiellement sur les crêtes et pentes rocheuses des piémonts du massif des Maures. Les communautés végétales de fougères et de plantes à rosettes s’installent dans les fissures étroites, profondes et friables des parois rocheuses où des fragments de sol ont pu se former. Le recouvrement par la végétation reste faible (inférieur à 50%). 

  • Les dalles rocheuses 

On y trouve des pelouses pionnières xérophiles sur dômes rocheux riches en sedum, mousses et lichens. Formées sur des dalles de grès, ces formations pionnières sont un autre élément de contraste de la plaine des Maures et abritent une diversité insoupçonnée. C’est l’habitat le plus sec de la RNNPM. Cet habitat est également d’un grand intérêt pour certaines espèces protégées, notamment
le scorpion jaune et le lézard ocellé qui trouvent abri dans les fissures et cavités des dalles. 

Les landes, maquis et matorrals

  • Les landes, garrigues et maquis bas

La plus grande partie de la surface de la RNNPM est constituée de cette végétation de strate herbacée ligneuse ou buissonnante. Le maquis constitue un paysage avec des pelouses sèches sur-étagées de peuplements diffus de chênes liège, de pins maritimes ou de pins parasols. Les landes sont basses lorsqu’elles sont constituées essentiellement de callunes ou de cistes comme aux environs du lac des Escarcets. Le manque de sol et les passages répétés des incendies ainsi que les broyages d’entretien des pare-feux bloquent les dynamiques de végétation à des garrigues constituées de cistes et de lavandes. Les landes, matorrals et maquis bas constituent un biotope très favorable à la faune des milieux ouverts et semi-ouverts de la RNNPM. 

  • Les fruticées sclérophylles et maquis hauts

Sur sols alluvionnaires plus profonds et plus frais, ces maquis peuvent devenir plus buissonnants et mêmes impénétrables lorsqu’ils sont constitués de bruyères arborescentes, de bruyères à balais ou d’arbousiers. Ces maquis hauts à éricacées poussent essentiellement sur les sols bruns du piémont du massif des Maures.

Les habitats forestiers 

  • Les forêts caducifoliées

En plaine des Maures, les forêts de feuillus sont essentiellement constituées de peuplement de chênes pubescents qui colonisent les langues de sols plus profonds.

Les forêts purement caducifoliées à chêne pubescent sont rares dans la réserve et poussent essentiellement en peuplement mixte en mélange avec des chênes-lièges. Au sein de la RNNPM, les châtaigneraies sont de type provençal et forment des peuplements de taillis souvent en mélange avec les chênes.

  • Les forêts de conifères

Les pinèdes méditerranéennes sont des habitats d’intérêt communautaire largement représentés et typiques des paysages “cartes postales” de la RNNPM. Les forêts de pins maritimes mésogéens poussent sur les zones de quartz et dominent des landes sèches à callunes, souvent en mélange avec la suberaie sèche. Espèce pionnière après incendie, le pin maritime représente souvent des structures à évolution lente vers la forêt de chênes-lièges. Même si cet habitat est souvent dégradé par des incendies répétés ou par des attaques de la cochenille, les bois morts ou infectés complètent le rôle écologique essentiel joué par les feuillus et représentent une source de nourriture pour des coléoptères saproxyliques notamment les patrimoniaux comme le lucane cerf volant et le grand capricorne. 

Les forêts de pins pignons (ou pins parasols) occupent préférentiellement les zones de dalles de grès ou les sols sableux et alluviaux. Le pin pignon forme aussi des peuplements qui se dressent au-dessus des maquis bas à cistes. C'est une espèce thermophile qui forme des peuplements sur des maquis de cistes, d’un grand attrait paysager que l'on peut admirer au bois du Rouquan et au bois de Bouis. Localement, le sous-bois est composé de hautes bruyères, d’arbousiers ou de filaire à feuilles étroites. Des peuplements épars de pins d'Alep sont présents dans le nord-ouest de la réserve.

  • Les forêts sempervirentes non résineuses (chênes-lièges)

Ce sont des peuplements de chênes-lièges. La suberaie provençale est l'habitat le plus représenté et l’un des éléments structurant majeur des écosystèmes de la RNNPM. Le chêne-liège couvre 56 % du territoire de la réserve et s'exprime en deux types de suberaies. La suberaie xérophile, partout où le sol est superficiel, où les arbres, plus petits, poussent de manière éparse, en mosaïque avec d'autres milieux ouverts ou semi-ouverts. Cette suberaie sèche est omniprésente dans la réserve, en sur-étage ou en mosaïque avec quasiment tous les habitats ouverts. La suberaie mésophile, lorsque le sol est profond et frais (sol brun), qui est constituée principalement de très gros et vieux arbres avec un sous-bois très dense constitué principalement de bruyères et d'arbousiers. C’est notamment le cas sur les piémonts du massif des Maures et dans les vallons frais de la plaine. 

  • Les forêts riveraines, forêts et fourrés très humides

Ce sont les peuplements d'arbres situés le long des rivières appelés "ripisylves". Elles sont constituées essentiellement de frênes oxyphiles, d'aulnes glutineux, de saules et de peupliers blancs. Elles jouent un rôle capital d'habitat refuge pour la faune pendant la période chaude et constituent des corridors de déplacements pour de nombreuses espèces. D'autres animaux s'y nourrissent exclusivement. Les ripisylves ont également de nombreuses autres fonctions qui contribuent au bon fonctionnement des cours d'eau : stabilisation des berges, atténuation des inondations... Pour toutes ces raisons, les ripisylves sont classées en tant qu'habitat d'intérêt communautaire au niveau européen. Leur maintien, voire leur reconstitution quand elles ont été abattues, est un enjeu pour la préservation de la richesse écologique de la réserve.


 

 

Géologie

La RNNPM est située à l’extrême sud-est de la France dans un secteur géologique dit de la Provence cristalline, le reste de la Provence étant plutôt calcaire. Elle se situe dans la dépression permienne, nommée ainsi car sa formation remonte au Permien, il y a 280 millions d'années environ. Les paysages de la RNNPM sont fortement marqués par la présence de la roche (reliefs et dalles) et façonnés par des sols acides, superficiels et très pierreux. 

  • Les caractéristiques géologiques de la Réserve

Issue de l'érosion de la chaîne hercynienne, l’ancêtre du Massif des Maures, sortie de terre il y a 400 millions d'années, la dépression permienne s'est comblée de sédiments pendant près de 200 millions d'années. La région était alors volcanique et des mouvements tectoniques et des coulées de lave sont venus chambouler, compresser et compacter l’accumulation des sédiments pendant cette longue période.

C'est ainsi que sur la Réserve, en fonction des secteurs, 3 grands types de roches bien différentes apparaissent :

-les roches éruptives, comme la rhyolite amarante, témoins de ces anciennes coulées de lave issues de l'Estérel, sont localisées essentiellement sur la partie est de la RNNPM. Elles sont visibles par exemple au bos du Rouquan à Vidauban. Des formations de grès s'intercalent entre les coulées, signe de plusieurs éruptions entre 2 phases érosives.

- les roches métamorphiques, c'est-à-dire transformées le plus souvent par la compression, comme les schistes, micaschistes, quartz et gneiss se situent sur les parties plus pentues du piémont du massif des Maures ou quelques petits reliefs orientés sud-nord. Elles se forment lors de bouleversements tectoniques. On y a détecté des filons de minerais, notamment le plomb argentifère, qui expliquent la présence de mines, qui ne sont plus exploitées aujourd'hui et qui servent désormais d'habitats aux chauves-souris.  

- les roches détritiques, formées de sédiments issus de l'érosion et agrégés en masse comme les grès permiens (dont la palette varie du gris au rouge foncé, de l'orange au rose) ou en feuillets comme les pélites, argiles grossières de teintes rougeâtres. Les dalles rocheuses, qui recouvrent la partie centrale et orientale de la Réserve, affleurent sur les grès permiens tandis que les conglomérats de pélites se trouvent essentiellement sur l'ouest au nord de la rivière l'Aille.

  • Les sols de la RNNPM

La légère inclinaison sud/nord de la Réserve permet d'observer un sol constitué de différentes structures morphologiques : des plaques rocheuses brutes, des "micro-falaises", des zones plutôt argileuses et des sols sablonneux ou à granulométrie grossière.

C'est la naissance du sol, processus qui prend des milliers d'années, que l'on peut observer dans certaines zones de la plaine : sous l'effet du gel et de la pluie, les dalles de grès se couvrent de cailloutis ou de sables d'érosion. Ces sols très superficiels, ne retenant presque pas l'eau, sont des “lithosols”. Ce sont eux qui font l'originalité végétale de la réserve. 

La roche n'est pas toujours visible, elle est alors recouverte d'une quantité plus ou moins importante de sédiments issus de l'érosion du massif des Maures ou de l'apport des rivières.

On trouve dans la plaine des Maures, les "fluviosols" constitués d'alluvions transportés et déposés par rivières, les “colluviosols”, mélanges  de matériaux caillouteux et d'argiles brunes, les “brunisols” s'accumulant dans les fonds de vallons de la partie sud de la Réserve. C'est l'érosion du massif des Maures qui les alimente. Ces “brunisols” (ou sols bruns) sont plus profonds, plus riches et sont très favorables à une végétation plus développée. On y observe de très gros arbres (notamment des chênes-lièges) sur ou en bordure du massif des Maures.

L'hétérogénéité des sols, tantôt pauvres et superficiels, tantôt profonds, et leur acidité, donne l'extraordinaire mosaïque d'habitats naturels constituant la Réserve. Cette diversité géologique et pédologique est à l'origine de tous les biotopes des espèces végétales et animales caractéristiques de la plaine des Maures.

 




 

 

 

 

Climat

La RNNPM bénéficie d'un climat méditerranéen :

  • Les températures 

Les températures moyennes annuelles (jour et nuit) sont de l’ordre de 13 à 15 °C, selon que l’on se trouve au pied du massif des Maures comme aux Mayons ou plus dans la plaine comme au Luc-en-Provence. Les températures moyennes peuvent être relativement élevées, notamment l’été avec des normes bien supérieures à 20°C et approchant les 25°C. La forte différence observée entre les températures hivernales et estivales est due à la présence du massif des Maures, qui entraîne une atténuation de l'influence maritime, mais reste caractéristique d’un climat méditerranéen. Ainsi, les moyennes des minima hivernaux sont toujours supérieures à 0° C et les moyennes des maxima estivaux sont supérieures à 30°C. Le nombre de jours de gelée est assez élevé (52 jours).

  • Les précipitations

La pluviométrie de la plaine des Maures est plus élevée que sur le littoral du fait de la proximité des massifs montagneux. Entre 2010 et 2019, le cumul des précipitations annuelles était en moyenne de 894 ml. L'observation des précipitations moyennes permet de constater une répartition saisonnière marquée avec 60 % des précipitations réparties principalement sur l'automne puis le printemps. Des données caractéristiques du climat méditerranéen. On peut également observer une forte irrégularité des pluies, tant au niveau annuel, avec une alternance d'années sèches et d'années humides (entre 2010 et 2019, le cumul des précipitations a varié de 355 ml en 2017 à 1 418 ml en 2018), que mensuel, avec de forts écarts d’un mois à l’autre. Les précipitations présentent également un caractère orageux et une forte intensité typique des régions méditerranéennes, favorisant le risque de crues et l'érosion importante des sols, en particulier sur les sols nus.

  • Le vent et l'ensoleillement

La période estivale peut s'étaler de mai à septembre. Elle se caractérise par un fort ensoleillement (la moyenne annuelle étant de 2 800 heures/an) et un déficit pluviométrique important. Le vent dominant, le Mistral, contribue fortement à accentuer les effets de la sécheresse en favorisant l'évaporation des points d'eau et l'assèchement des végétaux par transpiration. Ces conditions climatiques aboutissent le plus souvent à une période d'étiage sévère, allant jusqu'à l'assèchement total des mares, ruisseaux et parties de rivières.

 

 

 

Espèces exotiques envahissantes

Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite par l’homme en dehors de son aire de répartition naturelle (volontairement ou fortuitement) et dont l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques et/ou économiques et/ou sanitaires négatives (définition de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de la Convention sur la diversité biologique, du Parlement européen et du Conseil de l’Europe).

Les EEE se rencontrent dans tous les groupes taxonomiques : virus, champignons, algues, plantes vasculaires, invertébrés, reptiles, amphibiens, oiseaux, poissons, mammifères, etc.

Leur introduction se fait par les transports de marchandises, par les déplacements des biens et des personnes, pour des raisons ornementales, pour des activités de loisirs ou encore pour des activités commerciales. Elles sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale de par leur capacité à se propager au détriment des espèces locales et à transformer les milieux sur lesquels elles sont. Elles menacent donc les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. 

La RNNPM n'est hélas pas épargnée. Les secteurs les plus colonisés par les EEE sont les bords de cours et pièces d’eau (rivières, ruisseaux, ruisselets temporaires, lacs et mares), les linéaires le long des voies pénétrantes (routes et pistes), les abords d’enclaves habitées avec jardin, les abords de l’installation de stockage des déchets non dangereux de Balançan, les abords des vignes et les anciennes plantations forestières.

Suite à deux campagnes de recensement réalisées en 2013 et en 2019, une hiérarchisation des espèces sur lesquelles la RNNPM se doit d’intervenir pour essayer d'endiguer leur propagation (au regard de leurs impacts sur les espèces locales et/ou les milieux) a été établie et des actions spécifiques d'inventaire et de lutte sont prévues et mises en œuvre.  

Les espèces visées sont : 

  • la jussie à grande fleur (Ludwigia grandiflora) : une plante aquatique vivace aux longues tiges horizontales avec des fleurs jaune vif à 5 pétales qui ont fait son intérêt ornemental, à l'origine de son introduction dans plusieurs pays, comme ornement des bassins dans les jardins.

  • les figuiers de barbarie (Opuntia stricta et Opuntia engelmannii) : des arbustes vivaces succulents de 50 cm à 3 m de haut, de la famille des cactées. Il provient d'Amérique Centrale et a été importé par les marins au XVIe siècle, pour lutter contre le scorbut.

  • le mimosa (essentiellement est Accacia dealbata). Originaire du sud-est de l’Australie et de Tasmanie, il s’est naturalisé dans le bassin méditerranéen. Il pousse spontanément sur sols acides, à proximité des plantations et dans les aires perturbées. Il est fortement déconseillé de planter ou de propager cette espèce dans le milieu naturel.

  • l’ailante (Ailanthus altissima) est une espèce d'arbres à feuilles caduques de la famille des simaroubaceae. Il est originaire des régions allant du sud de la Chine à l’Australie. L’utilisation de cette espèce est à proscrire dans les espaces naturels protégés et à proximité.

  • l’herbe de la pampa (Cortaderia selloana). Originaire d’Amérique du Sud, cette plante se développe principalement dans les milieux perturbés comme les talus, les bords de chemins, les friches, les remblais, les bords de routes et de voies ferrées. Elle est également présente à proximité de nombreux habitats remarquables comme les zones humides.

  • le paspale dilaté (Paspalum dilatatum), également appelé “herbe de Dallis” ou “millet bâtard”, est une herbacée vivace originaire d'Amérique et d'Afrique centrale. 

  • le pyracantha, communément appelé “buisson ardent” est un genre de buisson persistant et épineux de la famille des rosaceae. Il est originaire de l'Europe méridionale et d'Asie mineure. 

  • la tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) est une tortue à tempes rouges de la famille des emydidae, présente à l'état naturel en Amérique du nord, d'où elle est originaire. Entre 1985 et 1994, plus de 4 millions de tortues de Floride ont été importées des Etats-Unis en France, comme animal de compagnie. La tortue de Floride s'est acclimatée aux étendues d'eaux de la plaine des Maures. Le climat chaud et humide ainsi que l'absence de prédateur naturel lui permettent de se reproduire et de proliférer, au détriment de la cistude d'Europe.

  • l’écrevisse américaine (Orconectes limosus) est une espèce de crustacés de la famille des cambaridae, originaire de la côte est des États-Unis. 

Pour aller plus loin, consultez le site du Centre de ressources espèces exotiques envahissantes